À 30–40 km/h, chaque centimètre qui dépasse dans l’air coûte des watts… et parfois des secondes au chrono. Le choix de votre support téléphone vélo de route n’est donc pas qu’une affaire de confort GPS : c’est un levier de performance aérodynamique, surtout avec un cintre aéro profilé. Dans cette introduction, on pose les bases : comment la forme, la position et le système de fixation d’un support influencent la traînée, la stabilité et l’ergonomie en course ou en entraînement.
- Profil bas & intégration : supports “out-front” affleurants, montage sur potence, plaques flush qui épousent le cintre.
- Forme du berceau : bords arrondis, section fine, tête compacte pour réduire la surface frontale.
- Positionnement : centre de gravité proche de l’axe, écran à hauteur d’œil pour des micro-regards sans quitter la route.
- Compatibilité aéro : adaptateurs dédiés (garmin/quad lock/magsafe), colliers spécifiques pour sections elliptiques.
- Poids & rigidité : matériaux (aluminium, composite) pour limiter les vibrations et garder une lecture nette.
Au programme : comparatif des montages out-front vs potence, impact réel sur la traînée, critères de sécurité (visibilité, stabilité), et bonnes pratiques pour conjuguer vitesse, navigation et esthétique aéro. Objectif : un poste de pilotage propre, rapide… et toujours lisible.
Mesurer l’invisible : combien de watts votre support de téléphone vous coûte-t-il ?
À 30–45 km/h, la traînée aérodynamique domine l’effort. Un support de téléphone mal profilé peut sembler anodin, mais il ajoute une surface frontale et des arêtes qui perturbent l’écoulement. Résultat : quelques watts perdus, donc des secondes au kilomètre. Bonne nouvelle : ces watts se mesurent (ou, à défaut, s’estiment) et se réduisent par un choix et un placement intelligents.
1) Le cadre simple pour estimer les watts
Sans soufflerie, utilisez un modèle « ordre de grandeur ». La puissance de traînée se calcule comme Pdrag ≈ ½ · ρ · CdA · v³. Le support ajoute un petit Δ(CdA). À vitesse constante, l’excédent de puissance vaut ΔP = ½ · ρ · Δ(CdA) · v³. Prenons ρ ≈ 1,2 kg/m³.
- Support « épais » + téléphone exposé (berceau haut, bords plats) : Δ(CdA) ≈ 0,0005–0,0010 m².
- Support « profil bas » out-front (tête compacte, bords arrondis) : Δ(CdA) ≈ 0,0002–0,0004 m².
- Montage potence « flush » (quasi affleurant au cintre) : Δ(CdA) ≈ 0,0001–0,0002 m².
Traduction en watts (air neutre) :
- À 30 km/h (8,33 m/s) : ~1–3 W (épais) • ~0,5–1,3 W (profil bas) • ~0,3–0,6 W (flush).
- À 40 km/h (11,11 m/s) : ~2–6 W • ~1–3 W • ~0,6–1,2 W.
- À 45 km/h (12,5 m/s) : ~3–8 W • ~1,5–4 W • ~0,8–1,6 W.
Ce sont des ordres de grandeur réalistes : assez petits pour passer inaperçus en ville, assez grands pour compter lors d’un CLM, d’un triathlon ou sur de longues sections exposées.
2) Méthodes terrain pour « voir » l’invisible
- Essai AB/BA au capteur de puissance : deux allers-retours sur un segment plat, même position, même cadence, mêmes pneus/pression. Roulez à vitesse cible (ex. 38 km/h) en stabilisant l’effort. Comparez la moyenne de P avec et sans support. Répétez, inversez l’ordre pour annuler le vent.
- Test à vitesse fixe (home-trainer + ventilateur constant) : calquez votre position route. Mesurez le surcoût de puissance pour afficher la même vitesse roue (simulateur). C’est moins « pur » qu’en extérieur, mais exploitable si vous standardisez.
- Analyse Allure/Watts (courses d’entraînement) : sur un circuit sans trafic, stratifiez vos tours « avec/ sans » support. Si Δv ≈ 0,2–0,3 km/h pour la même P, votre support coûte ~2–4 W à 40 km/h.
3) Ce qui fait grimper la note aérodynamique
- Hauteur et porte-à-faux : plus l’écran dépasse du cintre, plus la surface frontale effective augmente (et plus ça vibre).
- Arêtes vives : bords carrés, berceaux épais, crochets ouverts créent de la séparation d’écoulement.
- Orientation paysage : face exposée plus large. En portrait, la traînée chute souvent de 10–25 % selon le format.
- Accessoires visibles : bagues d’adaptation volumineuses, vis brillantes en saillie, câble qui bat au vent = petits tours de vis en watts.
4) Comment « récupérer » 2 à 5 watts facilement
- Choisir un support profilé : tête compacte, bords arrondis, épaisseur minimale. Évitez les berceaux « cage » qui encadrent l’écran.
- Passer en montage « flush » : potence ou plaque dédiée au cintre aéro (adaptateur spécifique). L’objectif : affleurer l’extrados du cockpit.
- Basculer l’écran en portrait dès que la carto le permet. Vous gagnez en aéro et en lisibilité verticale.
- Raccourcir/masquer le câble (si charge) : longueur 20–30 cm, gaine noire, cheminement sous le cintre.
- Réduire la hauteur : une rondelle en moins, une entretoise en moins = levier et surface frontale moindres.
5) Cintre aérodynamique : compatibilité et pièges
- Colliers dédiés : sections elliptiques exigent des brides spécifiques (sinon glissement et sur-épaisseur). Un collier mal adapté augmente la traînée.
- Out-front affleurant : privilégiez les platines qui prolongent la courbe du cintre au lieu d’ajouter une excroissance.
- Rigidité : plus c’est rigide, moins l’écran « pompe » et expose des angles variables au vent. Stabilité visuelle = watts mieux dépensés.
6) Combien ça fait au chrono ?
Sur un 10 km solo à 40 km/h, économiser 3 W (~1 % de la puissance d’un amateur à 300 W) vaut ~3–5 s si tout le reste est égal. Sur un triathlon longue distance, 3–5 W cumulés deviennent des minutes, d’autant que la fatigue réduit la capacité à « pousser » contre la traînée supplémentaire.
À retenir : l’aéro de votre support vaut des watts. Mesurez-la avec un protocole AB/BA simple, puis récupérez 2–5 W en choisissant un modèle profilé, un montage flush, une orientation portrait, une hauteur minimale et un câble invisible. Invisible à l’œil, visible sur le capteur de puissance : c’est l’aérodynamisme bien investi.
La traînée frontale : concevoir un support qui fend l’air, pas qui le bloque
À partir de 30–45 km/h, la traînée frontale devient le premier “voleur de watts”. Un support téléphone vélo de route épais, anguleux ou mal placé agit comme une petite plaque posée face au vent : l’écoulement se sépare, de gros tourbillons apparaissent, la puissance nécessaire grimpe. À l’inverse, un support pensé comme un profil — mince, arrondi, affleurant — fend l’air, réduit la zone de pression et laisse l’écoulement se recoller rapidement derrière le téléphone. Voici les principes de conception et de montage pour gagner des watts « gratuits » sans sacrifier la stabilité ni la lisibilité du GPS.
1) Le triptyque aérodynamique : section, bord d’attaque, recollage
- Section minimale : plus la surface frontale visible est faible, plus le ΔCdA chute. Traduction produit : tête compacte, berceau aminci, vis noyées.
- Bord d’attaque arrondi : évitez les arêtes vives. Un rayon d’entrée généreux retarde la séparation et adoucit le gradient de pression.
- Arrière “queue de Kármán” : un dos qui s’affine (ou s’interrompt proprement) favorise le recollage de l’écoulement derrière l’écran et réduit le sillage turbulent.
2) Forme qui fend : des volumes qui “racontent” le vent
- Tête low-profile (magnétique ou clip court) : épaisseur contenue, bords rayonnés, face avant douce. Oubliez les cages volumineuses aux angles droits.
- Bras profilé : section ovale/ailée plutôt que rectangulaire. Même à quelques millimètres, la différence de traînée est sensible à 40 km/h.
- Platine flush : interface qui prolonge la courbe du cintre/potence. Tout décrochement brusque = tourbillons = watts perdus.
- Visserie noyée : têtes fraisées, capuchons lisses. Une vis saillante suffit à “accrocher” l’écoulement.
3) Orientation de l’écran : portrait, angle doux et alignement
- Portrait dès que possible : face exposée plus étroite, sillage réduit, meilleure lisibilité des intersections.
- Inclinaison 10–15° vers vous : l’air “glisse” autour de l’écran au lieu d’y buter. Évitez les angles quasi verticaux.
- Alignement avec le flux : centrez sur l’axe et limitez le dévers latéral qui présente un bord franc au vent apparent.
4) Placement gagnant : affleurer, abaisser, recentrer
- Montage out-front affleurant : placez l’écran dans la continuité du cintre. L’air « voit » un seul volume.
- Option potence : si vous roulez tête basse, un montage potence flush expose encore moins la face du téléphone.
- Hauteur minimale : chaque millimètre au-dessus du cintre augmente le bras de levier et la surface frontale effective.
5) Câbles et accessoires : les petits détails qui coûtent cher
- Zéro câble au vent : si vous chargez en roulant, utilisez un USB court (20–30 cm), gaîné, qui chemine sous le cintre. Un fil battant vaut facilement 0,5–1 W à vive allure.
- Adaptateurs discrets : bagues massives et entretoises hautes créent une “marche” aérodynamique. Préférez des interfaces fines et lisses, adaptées au diamètre aéro.
- Couleur et finition : noir mat = antireflet = moins de lecture « contrainte » et de micro-ajustements de tête. Pas un watt mesurable, mais un confort qui évite les gestes parasites.
6) Rigidité = aéro utile
Un support qui vibre fait varier l’angle de présentation de l’écran : vous “montrez” tour à tour la tranche et la face, ce qui augmente la traînée moyenne et fatigue l’œil. Cherchez une chaîne courte (rigide → amorti → rigide) : platine serrée au couple, bras court profilé, tête compacte. Résultat : écoulement stable, lecture nette, watts mieux dépensés.
7) Micro-protocole terrain : vérifier que ça fend (et pas l’inverse)
- Segment plat, vent faible. Roulez à 38–40 km/h avec capteur de puissance.
- Comparatif AB/BA : configuration “cage épaisse” vs “low-profile affleurant”. Deux allers-retours, même posture.
- Observation : si l’écart moyen de puissance dépasse 2–3 W pour la même vitesse, votre ancien montage bloquait l’air.
8) Erreurs courantes (et corrections rapides)
- Berceau carré haut → remplacez par une tête compacte aux bords rayonnés.
- Bras rectangulaire → passez à une section ovale ou “ailée”.
- Écran paysage vertical → basculez en portrait et inclinez 10–15°.
- Adaptateur volumineux sur cintre aéro → utilisez une platine dédiée qui prolonge la courbe.
- Câble pendulaire → raccourcissez, gainez, routez dessous.
À retenir : un support qui fend l’air, c’est d’abord une forme (bords arrondis, section fine), une intégration (affleurer le cintre/potence), une orientation (portrait, 10–15°), un placement (bas, centré) et une rigidité (bras court). Appliquez ce cahier des charges et vous transformez un accessoire neutre en mini-gain aéro mesurable : moins de traînée, plus de vitesse, même effort.
L’effet « out-front » : positionner le téléphone dans le sillage du cintre pour gagner en aéro
Sur un vélo de route, le montage out-front place le smartphone en avant du cintre, au niveau de l’axe de la potence. Bien réglé, il cache l’écran dans le sillage du cockpit et du forearm, ce qui réduit la traînée frontale par rapport à un berceau haut et carré. Mal réglé, il devient une plaque face au vent. Voici comment exploiter l’effet « out-front » pour gagner des watts sans sacrifier la lisibilité ni la stabilité.
1) Pourquoi le sillage du cintre est votre meilleur bouclier
- Sillage favorable : la courbure du cintre et de la potence crée une zone de pression plus basse immédiatement en aval. Un support fin qui « suit » cette courbe profite d’un écoulement déjà dévié.
- Surface frontale effective réduite : en affleurant la face avant du cockpit, le téléphone « emprunte » sa silhouette au cintre au lieu d’ajouter la sienne.
- Stabilité de lecture : plus près de l’axe, moins de vibrations et d’oscillations d’angle, donc moins de flou visuel et de micro-corrections de posture.
2) Géométrie gagnante : affleurer, arrondir, abaisser
- AFFLEURER : choisissez une platine out-front qui prolonge la courbe du cintre/potence. Évitez les supports qui dessinent une marche ou un décroché sous l’écran.
- ARRONDIR : tête low-profile aux bords rayonnés, vis noyées, bras à section ovale/ailée. Les arêtes vives provoquent une séparation précoce du flux.
- ABAISSER : positionnez l’écran au plus bas, juste sous l’arête du cintre, avec 10–15° d’inclinaison vers vous. Moins haut = moins de prise au vent et de levier.
3) Portrait ou paysage ? L’angle qui fait la différence
- Portrait : face plus étroite, sillage plus court, meilleure lecture des intersections. C’est le mode le plus « aéro » dans la majorité des cas.
- Paysage : utile pour cartes très détaillées, mais expose davantage de surface. Compensez par une inclinaison douce (10–12°) et un affleurage maximal.
- Alignement : centrez parfaitement l’écran sur l’axe. Un dévers latéral présente un bord franc au vent apparent et coûte des watts.
4) Câbles et recharge : invisible ou presque
- USB court (20–30 cm) gaîné et connecteur coudé : cheminement sous la potence puis le long des gaines. Zéro boucle battante.
- Qi2/MagSafe : l’induction évite le câble, mais surveillez la chaleur en plein été. Un plateau fin et ventilé, aligné magnétiquement, limite la perte de rendement.
- Finition mate : noir mat = anti-reflet = moins de « micro-coups d’œil » prolongés. Pas de watt mesurable, mais de la concentration gagnée.
5) Rigidité = aéro utile
Un out-front trop souple fait « pomper » l’écran : l’angle change en permanence et présente tantôt la face, tantôt la tranche. À 40 km/h, ce clignotement d’incidence augmente la traînée moyenne et fatigue l’œil. Préférez un bras court, une platine rigide (alu/composite épais), une tête compacte et une visserie au couple. La chaîne rigide → amorti → rigide garde l’image nette et l’écoulement propre.
6) Protocole de réglage en 5 étapes
- Affleurage : placez la tête pour que l’arête inférieure du téléphone prolonge visuellement la lèvre du cintre.
- Inclinaison : basculez 10–15° vers vous. Si un reflet persiste, abaissez l’angle par pas de 2–3°.
- Recentrez : alignement parfait avec l’axe de la potence, sans dévers. Verrouillez la rotule.
- Rigidité : serrez au couple, vis noyées. Testez à la main : zéro jeu, pas de « clic ».
- Test terrain : à 35–40 km/h, la carte doit rester lisible d’un coup d’œil. Si l’image ondule, raccourcissez le bras ou changez d’interface.
7) Combien de watts pouvez-vous gagner ?
À titre indicatif, un out-front affleurant en portrait et bras ovale peut économiser ~1–3 W à 40 km/h par rapport à un berceau haut et carré. Ce n’est pas une soufflerie, mais sur 1 h d’effort, cela compte — d’autant que la stabilité visuelle réduit les micro-corrections qui coûtent aussi de l’énergie.
8) Erreurs fréquentes (et correctifs rapides)
- Bras rectangulaire et épais → passez à une section ovale/ailée ou à une platine flush.
- Écran trop haut → descendez sous la lèvre du cintre, ajoutez une cale inverse ou une platine « drop ».
- Paysage vertical → basculez en portrait quand la carte le permet.
- Vis saillantes → optez pour des têtes fraisées et cache-vis lisses.
- Câble au vent → câble court, gaine noire, routage sous potence.
À retenir : l’out-front n’est pas qu’un support « pratique » ; bien dessiné et bien placé, il exploite le sillage du cintre pour fendre l’air au lieu de le bloquer. Affleurez la courbe, arrondissez les volumes, abaissez la hauteur, rigidifiez la chaîne et cachez l’énergie. Résultat : moins de traînée, plus de lisibilité — et des watts rendus à la vitesse.
Matériaux et formes : pourquoi la fibre de carbone ou le profil NACA sont plus rapides
Quand on parle d’aérodynamisme sur un vélo de route, le choix du support téléphone semble secondaire. Pourtant, à 35–45 km/h, sa forme et son matériau influencent la traînée autant qu’un accessoire mal placé. Deux leviers font la différence : une géométrie de type NACA (bords d’attaque arrondis, arrière aminci) et un matériau composite (fibre de carbone) aux propriétés mécaniques et vibratoires idéales. Résultat : moins de watts gaspillés et une lecture GPS plus stable.
1) Fibre de carbone : rigidité ciblée, amortissement intégré
- Rapport rigidité/masse : à rigidité égale, un bras en carbone peut être plus fin qu’un équivalent alu, donc présenter une section frontale moindre et un bord d’attaque plus doux.
- Anisotropie utile : l’orientation des nappes (0°/±45°/90°) permet d’être rigide en flexion verticale (pour éviter le « pumping ») tout en filtrant certains harmoniques de vibration. L’écran bouge moins, l’angle présenté au vent reste constant.
- Damping : le composite dissipe les hautes fréquences mieux que de l’alu moulé. Moins d’oscillations = traînée moyenne plus basse et meilleure lisibilité.
Précautions : respect du couple de serrage (colliers/potence) et rondelles de répartition. Un composite sous-serré glisse, sur-serré s’écrase.
2) Pourquoi un profil NACA « coupe » l’air
Les profils NACA (familles 00xx, 63-xxx…) sont des formes d’aile symétriques optimisées pour retarder la séparation du flux à de faibles nombres de Reynolds (typique des petits appendices autour de 50 000–200 000). Sur un support :
- Bord d’attaque arrondi : réduit le gradient de pression et retarde la séparation. L’air épouse la forme au lieu de « buter ».
- Épaisseur maîtrisée (ex. NACA 0012/0015) : assez pour la rigidité, pas trop pour ne pas gonfler la surface frontale.
- Queue affinée : favorise le recollage du flux et réduit le sillage tourbillonnaire derrière le téléphone.
Traduction produit : un bras ovale/NACA et une tête low-profile aux arêtes rayonnées consomment moins de watts qu’un rectangle épais aux coins vifs.
3) Carbone + NACA : le duo gagnant en pratique
- Section plus fine grâce au composite : à rigidité égale, on réduit CdA sans sacrifier la tenue.
- Surface continue (layup + vernis mat) : la peau lisse du composite maintient une couche limite plus propre que du plastique texturé qui « accroche » le flux.
- Intégration “flush” : une platine en carbone profilée peut prolonger la courbe du cintre/potence, cachant l’écran dans le sillage du cockpit (effet out-front).
4) Comparatif express des matériaux
- Carbone : ultra-personnalisable (épaisseur, orientation des nappes), léger, rigide et amortissant. Coût supérieur, exige un montage soigné.
- Aluminium CNC : très rigide, durable, facile à usiner en formes profilées, mais souvent plus épais pour atteindre la même rigidité → surface frontale parfois plus grande.
- Plastique/ABS : économique, mais bords plus épais, arêtes vives, rigidité faible → vibrations, sillage instable.
5) Détails de forme qui font gagner des watts
- Rayon d’entrée généreux sur la tête et le bras : pas de cassures nettes.
- Visserie noyée et capots lisses : une seule tête de vis saillante suffit à accrocher le flux.
- Transition douce vers le téléphone : lèvre d’appui adoucie, pas d’épaulement abrupt sous l’écran.
- Orientation portrait quand possible : face exposée plus étroite, meilleure continuité de sillage.
6) Ce que ça change au capteur de puissance
À titre d’ordre de grandeur, passer d’un bras rectangulaire ABS à un bras carbone profil NACA et tête low-profile peut économiser ~1–3 W à 40 km/h. Ajoutez un montage flush qui place l’écran dans le sillage du cintre, et l’on atteint souvent 2–4 W. Ce n’est pas une soufflerie, mais sur 1 h d’effort, cela devient mesurable… et sensible pour le chrono.
7) Bonnes pratiques de montage (aéro + fiabilité)
- Affleurer le cockpit : aligner le bord inférieur du téléphone avec la lèvre du cintre/potence.
- Incliner 10–15° vers vous : l’air glisse, les reflets diminuent.
- Serrer au couple : rondelles larges + pâte de montage carbone si nécessaire. Zéro jeu = angle stable = aéro stable.
- Câble invisible (si charge) : USB court gaîné, routé sous la potence. Éviter tout fil qui bat au vent.
- Finition mate : anti-reflet, confort visuel, pas d’« appel de regard » qui vous fait relever la tête inutilement.
8) Limites et erreurs à éviter
- Carbone sur-mince : la chasse au gramme peut induire du drift d’angle. Si l’écran pompe, vous perdez l’avantage aéro.
- Profil « aileron » trop épais : la rigidité est bonne, mais la surface frontale explose. Visez un compromis épaisseur/corde raisonnable.
- Arêtes vives + texture granuleuse : elles déclenchent une séparation précoce du flux. Préférer des transitions polies/vernies.
À retenir : la fibre de carbone permet d’affiner les sections tout en gardant la rigidité et l’amortissement, et un profil NACA guide l’air sans le casser. Ensemble, ils transforment un support banal en composant rapide : moins de sillage, moins de vibrations, plus de lisibilité… et quelques watts rendus à votre vitesse de croisière.
Optimisation du cockpit : intégrer compteur et support pour un flux d’air maximal
Un cockpit de vélo de route bien optimisé ne juxtapose pas les accessoires : il les intègre pour que l’air s’écoule sans rupture. Réunir compteur (GPS cycliste) et support téléphone dans une même logique d’aérodynamisme — formes, hauteurs, transitions — réduit la traînée frontale, stabilise l’affichage et améliore la lisibilité. Objectif : créer un ensemble profilé qui prolonge le cintre et la potence, au lieu d’ajouter deux « plaques » au vent.
1) Principe directeur : une seule silhouette vue du vent
- Alignement axial : placez compteur et téléphone dans l’axe de la potence, l’un derrière l’autre (ou superposés) pour que l’air « voie » un seul volume.
- Affleurage : privilégiez des platines qui prolongent la courbe du cintre (montage out-front flush) afin d’éviter toute marche sous les écrans.
- Hauteur minimale : plus c’est haut, plus la surface frontale augmente. Maintenez les écrans juste sous la lèvre du cintre.
2) Configurations gagnantes selon votre poste de pilotage
- Cintre rond + potence classique : un support out-front double-rail accueille le GPS au-dessus et une interface pour téléphone en dessous (ou inversement). Résultat : deux écrans dans un même sillage.
- Cintre aéro : utilisez une platine dédiée à section ovale/ailée. Le téléphone se place en portrait sous le plan du GPS pour rester caché dans le flux.
- Potence intégrée : optez pour la plaque constructeur (ou tierce compatible) qui centralise les interfaces (Garmin/Wahoo/Quad Lock/MagSafe). Moins de pièces, moins de turbulences.
3) Ordre et orientation : qui passe devant ?
- Priorité GPS devant : le compteur, plus petit, devient « brise-lame ». Le téléphone (surface plus large) profite du sillage, avec inclinaison 10–15° vers vous.
- Portrait pour le téléphone : face réduite, meilleure lecture des segments et des intersections. Paysage seulement si la carto l’exige, en conservant un angle doux.
- Parallélisme : alignez les plans des deux écrans pour éviter une incidence différente qui multiplie les tourbillons.
4) Matériaux et formes : rigidité qui sert l’aéro
- Bras profilés (ovale/NACA) en composite ou aluminium CNC : bord d’attaque arrondi, arrière aminci pour faciliter le recollage du flux.
- Visserie noyée et capots lisses : une vis saillante suffit à accrocher la couche limite.
- Rotule courte / interface rigide : moins de « pumping » = angle stable, traînée moyenne plus basse.
5) Câblage et énergie : invisible et discipliné
- USB court (20–30 cm) gaîné, connecteur coudé, cheminement sous potence puis le long des gaines. Zéro boucle battante = 0,5–1 W économisé à haute vitesse.
- Induction MagSafe/Qi2 : plateau fin et ventilé, alignement magnétique pour limiter la chaleur et garder la puissance de charge.
- Gestion thermique : en plein été, alternez induction et filaire 9–18 W, luminosité auto et thème sombre pour réduire les calories dissipées au vent.
6) Méthode de réglage « flux maximal » en 6 étapes
- Affleurez la platine au cintre/potence jusqu’à ce que la tranche inférieure du GPS prolonge visuellement la lèvre du cockpit.
- Positionnez le téléphone 10–20 mm derrière/au-dessous du GPS (ou sous le plan), en portrait si possible.
- Inclinez les deux écrans entre 10 et 15° vers vous pour guider l’air sur les faces sans butée frontale.
- Alignez parfaitement sur l’axe de la potence (aucun dévers). Verrouillez la rotule, vis au couple.
- Cachez l’énergie : routez le câble sous le poste, colliers fins, gaine noire. Aucun fil ne doit être visible de face.
- Test terrain : segment plat, 38–40 km/h, comparaison AB/BA (avec/sans téléphone). L’écart de puissance doit rester ≤ 1–3 W.
7) Erreurs fréquentes (et correctifs immédiats)
- Deux supports séparés créant deux silhouettes face au vent → fusionnez via une platine double ou superposée.
- Écran téléphone trop haut au-dessus du GPS → descendez avec une platine « drop » et passez en portrait.
- Bras rectangulaires et vis saillantes → profil ovale, têtes fraisées, caches lisses.
- Câble pendulaire visible de face → raccourcissez, gainez, routez sous potence.
8) Bénéfices cumulés : aéro, lisibilité, sécurité
- Moins de traînée : une silhouette unique peut économiser 1–4 W à 40 km/h selon la configuration initiale.
- Stabilité visuelle : angle constant, moins de vibrations, micro-regards plus courts → concentration accrue.
- Confort légal : écrans bas et centrés, pas de gestes parasites. Programmez à l’arrêt, commande vocale ensuite.
À retenir : pour un flux d’air maximal, pensez « écoulement » avant « accessoires ». Alignez compteur et téléphone dans une même silhouette, affleurez la platine au cockpit, réduisez la hauteur, arrondissez les volumes et cachez l’énergie. Votre cockpit devient un ensemble cohérent qui fend l’air, protège vos watts… et reste lisible à la seconde où vous en avez besoin.